Magazine Afriquespoir

Appauvrir leurs peuples pour enrichir les riches

Les fortunes de certains de nos ex- et -actuels chefs d’Etats africains sont faramineuses. Elles sont source d’inquiétudes pour leurs concitoyens: des richesses aux provenances douteuses et criminelles. Aussi sont-elles appelées ‘biens mal acquis’. Le magazine économique américain Forbes, chaque année, en publie son classement et sa teneur. Des révélations croustillantes perçues comme provocation par les intéressés. Une liste qui ne donne par ailleurs qu’une infi me vision de l’iceberg d’une réalité très opaque.
Déjà en 2011, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD-Terre), avait dénoncé les chiff res impressionnants détournés par ces chefs d’Etats, 200 milliards de dollars. Cette année, le roi Mohamed VI caracole la somme de 5,8 milliards, Ali Bongo 1 milliard, 600 millions pour Obiang, (Forbes 2019)… Tout cela en dollars! Des trésors qu’ils gaspillent en menant une vie extravagante et de quasi extra-terrestre avec des villas au luxe insolent, jets privés...

Ils se sont prétendus serviteurs du peuple lorsqu’ils sont arrivés au pouvoir. Au fi l du temps, le pouvoir les a corrompus et l’avidité les a transformés en pilleurs impitoyables de leurs citoyens. Amassant dans des banques étrangères et dans des paradis fi scaux, surtout, des masses monétaires inestimables. Des millions ? Des Milliards ?

Sans compter les innombrables immeubles et parts dans des sociétés qu’ils se sont accumulés à travers le monde. En Europe, en Asie, en Amérique…. Des placements loin des yeux du peuple qui croupit dans la misère. Et ils le font sans honte au visage. Ils sillonnent leurs pays à ‘tout seigneur tout honneur’. Dans les pays voisins et amis, ces grands détourneurs en cravate, reçoivent de leurs homologues, primes et distinctions, au grand mépris de leurs gouvernés. Et même lorsque l’on vient à dénoncer ces crimes économiques, leur arrogance anesthésie le forfait, la terreur tait tout bruit et tout murmure. En eff et, oser “fouiner” dans les aff aires d’un président africain, et, lui demander des comptes, c’est commettre un crime de “lèse-président”.
Mais le mal collectif qu’il a commis à l’égard de sa nation n’en est pas autant un crime de ‘lèse-peuple’.

Lorsqu’ils quittent le pouvoir, les rares poursuites à leur encontre n’aboutissent qu’à un non-lieu. Ils bénéfi cient de la complicité parfois de l’Etat et des banques qui gardent jalousement leurs butins. A la mort, ils n’emportent rien mais un rideau de fer couvre la réalité de ces dépôts bancaires eff ectués dans le secret le plus absolu. Cachées ici et là, ces fortunes se perdent dans le vide. Et les banques, apparemment gérées par des hommes intègres, ne savent déclarer avec vérité les sommes perçues par ces anciens dignitaires. Seul un silence noir enveloppe le recel à l’oeil nu. S’il n'y aura jamais des restitutions aux pays d’Afrique, ce sont des miettes pour distraire et calmer les consciences de leur blanchiment.
La famille de Mugabe doit se contenter de 10 millions de dollars détenus dans une banque locale, quatre maisons et 10 voitures, à en croire la polémique qui anime les débats dans le pays, ce dernier temps. Mais la richesse du camarade Bob et grand dinosaure du Zimbabwe était évaluée à plusieurs millions de dollars accumulés dans plusieurs banques du monde. L’argent qui manque à l’appel ne reviendra jamais dans nos pays surendettés. Il fait le beau temps des banques et des pays d’accueil.

A plus tard, le développement du continent et le bien être des africains.

 

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