Tribalisme et développement
Le tribalisme, c’est le repli identitaire qui exclut et marginalise l’autre pour la simple raison qu’il n’appartient pas au groupe humain auquel on est attaché et dont on se revendique. Ce fléau, qui a montré son laid visage au Rwanda en 1994 et, un peu avant, au Burundi, est une réalité vécue dans beaucoup de pays africains.
Le tribalisme est en opposition radicale avec les valeurs africaines de l’unité, l’hospitalité et la solidarité. Il a des conséquences graves sur le développement du continent: il mine la cohésion sociale et entrave la poursuite du bien commun; crée un climat de méfiance, de suspicion et de peur; alimente l’insécurité et nuit à l’économie. Il fragilise les institutions, perturbe les relations avec la communauté internationale et génère des conflits ethniques, voire des guerres civiles.
Souvent, à la base du tribalisme, se trouvent les intérêts politiques de certains citoyens malhonnêtes, qui exploitent et exacerbent les sentiments tribaux des plus faibles pour accéder au pouvoir. Ainsi, les différences ethniques, qui devraient être un trésor à développer et à partager, sont manipulées au profit de quelques-uns.
Condamner le tribalisme ne signifie pas nier la valeur de la diversité culturelle et du pluralisme existant à l’intérieur de chaque pays et qui constituent une richesse. Il est juste que chaque citoyen vive sa “tribalité”. Toutefois, le respect de la dignité de chaque personne, quelle que soit son appartenance sociale ou tribale, demeure une condition non négociable.
Aux responsables religieux, politiques et sociaux d’œuvrer à la résolution des conflits dans un esprit de paix et de dialogue fraternel et d’éviter la haine et la discrimination. Aux médias, de faire preuve de responsabilité; aux parents et aux éducateurs, d’inculquer aux enfants et aux jeunes les vertus qu’offre la diversité culturelle. A tous, d’entrer à l’école de l’ouverture à la différence, de l’hospitalité et de l’acceptation mutuelle.
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