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La promesse et la responsabilité sociale

 
En Afrique, il semble que la parole ait perdu sa valeur. Dire n’est plus faire. Aujourd’hui, les promesses résonnent comme des échos vides dans les oreilles d’un peuple qui a tant espéré. Les promesses fallacieuses répétées hier, aujourd’hui et demain, non seulement frustrent; elles alimentent aussi une désillusion collective, une méfiance à l’égard de ceux qui détiennent le pouvoir et qui prétendent incarner l’espoir.
Selon le philosophe américain John Searle, une promesse n’est pas qu’un simple énoncé. C’est un acte illocutoire, une action langagière qui crée une obligation morale. Elle engage la personne qui promet et lui impose un devoir envers celui à qui il promet. C’est le test le plus simple de la sincérité et de la responsabilité d’un individu.
En Afrique, la parole est souvent détournée de sa fonction morale. Les promesses électorales ou institutionnelles deviennent des outils de séduction et de manipulation. Selon Searle, «une phrase promissive prononcée avec l’intention de mentir est déclarée insensée». L’auteur de la promesse ne fait donc pas que trahir les attentes, mais aussi il se montre lui-même incapable de raisonner moralement. Dans ce contexte, ses paroles ne valent rien; ce sont de simples sons, des concepts abstraits, vidés de leur substance.
Lorsque la parole cesse d’être fiable, la confiance sociale s’effrite et, avec elle, la possibilité de construire une société stable et juste. Le problème n’est pas seulement moral; il est aussi social. La promesse non tenue crée un vide d’action et un retard dans le développement, car chaque promesse manquée retarde l’accomplissement des projets collectifs, alimente le désespoir et fragilise le tissu social.
Il est nécessaire de réhabiliter la parole comme acte de responsabilité. Redonner à la parole sa valeur éthique et sociale suppose cultiver la sincérité et de la cohérence entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. Cela implique que chaque africain, quel que soit son rang social, comprenne que la promesse n’est pas seulement un devoir moral, mais aussi un acte de construction sociale.
L’Afrique a plus besoin d’actions concrètes que de belles paroles. Il s’agit de restaurer la confiance entre les individus, de recréer un lien social où la parole redevient un outil de vérité et de transformation.
 

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