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Les fêtes de fin d’année à Kinshasa

 
À Kinshasa, une phrase revient avec une régularité répétitive aux allures d’un refrain musical: la vie est dure, l’argent manque, tout coûte cher. Cette plainte traverse les quartiers, les bus, les réseaux sociaux. Mais la réalité sur terrain contredit ce discours. Chaque week-end, les bars de la capitale sont pleins à craquer, parfois jusqu’à l’asphyxie.
Surtout en cette période de fin d’année, les Kinois bougent dans tous les sens. Les macadams sont inondés d’une foule compacte, les embouteillages paralysent la ville, les marchés débordent comme si l’on venait soudain de découvrir le besoin de manger. Tout s’accélère, tout se consomme, tout se montre.
 
Pendant cette période, la plupart des familles épuisent leurs maigres économies pour quelques jours de fête. Le cycle se répète presque mécaniquement. Dans tout cela, le kinois intrigue. Il affirme manquer de tout, mais trouve toujours de l’argent quand il s’agit de se divertir, de célébrer ou d’afficher un certain prestige. À l’approche des fêtes, le discours sur la pauvreté cohabite étrangement avec les dépenses effrénées, les apparences et les comparaisons sociales.
 
Au sens strict, Kinshasa ne meurt pas de faim. Malgré notre souffrance, nous l’aimons comme ça, dans ses contradictions permanentes: une ville qui se plaint de la pauvreté, mais qui dépense beaucoup. Mégapole de paradoxes, Kinshasa demeure fidèle à elle-même: bruyante, excessive, déroutante… et profondément humaine.
 
 

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