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Les dangers des déchets non-biodégradables

  • 28 août 2020

Sr Betty Côrte Imperial
 
Texte initialement publié dans la revue Afriquespoir Avril-juin (n°90)
 
 
Tout au long de la journée, par nos habitudes de consommation, nous utilisons des produits ou objets dont la composition est faite parfois de matières non dégradables, c’est-à-dire qui ne se décomposent pas ou se décomposent très difficilement par l’air, l’eau et les micro-organismes.
Ces substances se trouvent dans les processus industriels, dans les appareils électroniques que nous utilisons, dans les bactéries et même dans les détergents.
Mais qu’est-ce qu’une substance non-biodégradable? Quelles sont les conséquences de l’utilisation de ces substances pour la santé de l’environnement et des êtres humains?
Dans la nature, le processus de décomposition effectué par les bactéries et les champignons recycle la matière organique, la dégradant en molécules plus petites et moins complexes ou substances inorganiques. Cependant, il existe des substances sur lesquelles les micro-organismes sont incapables d’agir pour les décomposer. Nous appelons ces substances non-biodégradables.
Elles sont, en général, produites et utilisées industriellement et dans les quantités inquiétantes qui se retrouvent dans l´environnement et s’y accumulent. En outre, lorsqu’un être vivant ingère ou absorbe ces substances, il ne pourra pas les éliminer et elles s’accumuleront dans son corps, perturbant son fonctionnement. Si une substance faite de matériaux non-biodégradables est jetée dans la nature, elle y restera intacte pendant beaucoup d'années.
 
Apprenons à les connaître
Ce sont des matières en plastiques: ustensiles, récipients, boîtes de produits cosmétiques ou pharmaceutiques, pots de yaourt, pneumatique, matériels d’emballage, fils synthétiques, toile cirée, seringues, matériels en caoutchouc etc. Des matières en verre: bouteilles, verres, objets en porcelaine. Des matières en métal: boîtes ou emballages en aluminium ou en acier, des produits comportant du plomb, etc.

 

 

La plupart des déchets non-biodégradables prennent beaucoup de temps à se dissoudre dans la nature ou simplement ne se décomposent pas. Il est important aussi de connaître la période de décomposition de certains matériaux: par exemple, une canette de Coca Cola en aluminium prend plus de 200 ans; une bouteille en plastique, 450 ans; un gobelet en plastique, 50 ans; le verre 1000 ans; le métal plus de 100 ans. Pour le caoutchouc la durée n'est pas  déterminée.
Ces matières ont des conséquences néfastes sur l’environnement et les êtres humains. Les substances non-biodégradables et polluantes, telles que le plomb et le mercure, ne sont pas éliminés par les êtres vivants et contaminent les consommateurs en bout de chaîne. «Les êtres vivants ne peuvent pas casser les molécules de ces substances. Lorsqu’elles sont éliminées, elles sont assimilées par les producteurs, comme les algues. Pour les algues, la quantité assimilée ne sera pas toxique, mais ces organismes seront consommés par d’autres, comme les poissons. En atteignant l’homme, la concentration des composés toxiques sera déjà plus élevée et peut entraîner des problèmes de santé, même la mort.
 
Une surproduction qui mine l’avenir du monde
Selon le rapport de la Banque Mondiale publié en 2018, le problème des déchets est particulièrement critique en ce qui concerne le plastique «qui pollue les océans et représente 90% des déchets marins. Sur la seule année 2016, le monde a produit 242 millions de tonnes des déchets plastiques, soit l’équivalent d’environ 24 000 milliards de bouteilles de 50 centilitres, du poids de 3,4 millions de baleines bleues ou de 1 376 Empire State Buildings. Le volume d’eau total contenu dans ces bouteilles pourrait remplir 4,8 millions de piscines olympiques ou 40 milliards de baignoires». La pollution par les déchets plastiques est reconnue comme l’un des plus polluants  et des plus dangereux. Il souille les océans, menace l’environnement marin et finit par entrer dans la chaîne alimentaire sous forme de micro plastiques. Les villes africaines s’enlisent dans les déchets plastiques. Les sacs sont emportés partout par le vent et finissent sur les arbres et sur les routes, les rivières et les lacs, dans les égouts et sur les plages. Par conséquent, les paysages, les plages et les parcs naturels d’Afrique, d’une beauté unique, ont été dégradés par l’avalanche de déchets plastiques.
 


Un jeune prend de l'eau en sachet à Kinshasa. Photo : Lwanga Kakule
 
 
Pays les plus concernés
Dans le monde entier, 127 pays ont adopté des lois pour réglementer l’utilisation des sacs en plastique. L’Afrique montre le chemin! Trente-quatre des cinquante-cinq pays africains ont réglementé ou complètement interdit la production et l’utilisation des sacs en plastique. L’Afrique du Sud et le Rwanda ont été les pionniers. Ensuite, de nombreux pays ont suivi cette tendance: Tanzanie, Gabon, Somalie, Botswana, Algérie, Tchad, Maroc, Cameroun, Kenya, etc.
En Afrique de l’Ouest, le Mali, la Mauritanie, le Togo, la Côte-d’Ivoire, le Burkina Faso, la Guinée-Bissau, le Niger et le Sénégal interdisent les sachets… avec plus ou moins de succès. Dans la plupart des pays, l’interdiction vise les sachets non-biodégradables. Dans d’autres pays, comme au Tchad ou au Cameroun, tous les types des sacs plastiques sont interdits. Du point de vue politique, c’est un geste fort d’interdire les sacs plastiques. Cependant, cela ne suffit pas, l’État doit mettre en place un système de contrôle: - l'instauration d'un système de collecte efficace des déchets et des matières recyclables.

Une préoccupation pour tous
Le souci de l’environnement doit faire partie de la vie de chaque citoyen et du gouvernement. Chacun doit rendre agréable et sain l'environnement dans lequel il vit. Le traitement des eaux usées, l’inspection des industries, la création des parcs et des espaces verts, l’inspection des zones de préservation de l’environnement sont quelques-unes des tâches dont les responsables gouvernementaux et les citoyens ont l’obligation de s’occuper. Nous devons contribuer à réduire la pollution en faisant notre part: séparer les déchets à recycler, ne pas salir les rues et les lieux publics, ne pas jeter les ordures sur les pentes et les rivières, économiser l’eau et la lumière, éviter d’utiliser des bouteilles en plastiques, etc. En outre, comme consommateurs, nous avons un rôle fondamental à jouer en matière de déchets. Nous pouvons commencer par lire les étiquettes des produits que nous allons acheter et choisir des articles qui correspondent au «bien-être de la planète». En plus, nous pouvons continuer à réduire la consommation des matériaux qui ne se décomposent pas dans la nature. Nous avons, par exemple, la possibilité de remplacer un sac en plastique par un sac plus durable qui peut être utilisé de centaines de fois. Nous pouvons réduire l’achat de produits avec des emballages non recyclables et continuer à recycler ce qui est possible! Nous devons être conscients que nous faisons partie de la nature, quand nous ne la préservons pas, nous manquons de respect envers elle et envers nous-mêmes.

 

 

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