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Certains jeunes tchadiens sont sceptiques aux promesses du président Idriss Deby

  • 30 juillet 2020



Au début du mois de juillet 2020, le chef de l'État tchadien, Idriss Deby Itno avait annoncé la réouverture des offres d’emploi dans la fonction publique après plus de trois ans suspension liée à la crise économique que traverse le pays.  Idriss avait, dans ce cadre, donné des instructions aux ministres de tutelle pour recruter 20 000 jeunes à la fonction publique afin de pallier au chômage qui sévit au Tchad. Selon le chef de l'État, il s'agit de donner la possibilité aux jeunes d'accéder à la fonction publique et ainsi réduire le taux de chômage: «Convaincu que le développement d'un pays est largement tributaire de la mobilisation et de la valorisation de son capital humain qui était au centre de mon projet politique adoubé par les Tchadiens en 2016, le gouvernement n'a jamais cessé de déployer de gros efforts pour réaliser nos ambitions dans ce sens. »

Ce n’est pas la première fois que le président Idriss Deby fait des promesses d’emploi aux jeunes. En août 2019, il le leur avait promis, mais aujourd’hui –une année après- cela n’a pas été réalisé. Voilà pourquoi beaucoup de jeunes tchadiens, parmi lesquels les lauréats du CAP/CEG -Certificat d’Aptitude Professionnelle- destinés à enseigner dans les collèges d’enseignements généraux du Tchad, qui attendent leur intégration à la fonction publique depuis plus de 10 ans, ne croient pas aux paroles du président. Certains tchadiens voient en cette promesse un message de pré-campagne pour les élections présidentielles prévues pour mars 2021; en plus ils perçoivent qu’Idriss Deby se servira de la crise sanitaire pour justifier la non-réalisation de ces promesses.


 

La réalité des jeunes tchadiens

 


81% de la population tchadienne a moins de 35 ans et la grande majorité d’entre eux sont sans emploi. Au Tchad, le taux de chômage est estimé à 22% selon l’Office Nationale de la Promotion de l’Emploi (ONAPE). Les jeunes tchadiens, comme ceux de tout le continent africain, éprouvent de grandes difficultés pour étudier. Ceux qui ont eu la chance d’accéder aux études peinent pour obtenir du travail. Et ceux qui ont du travail ne reçoivent pas de salaire digne, qui leur permettre de nouer les deux bouts du mois et répondre aux besoins indispensables. Comme la situation économique ne répond pas à leurs besoins, beaucoup d’entre eux se sentent obligés de se déplacer vers les grands centres urbains ou de sortir pour les pays étrangers à la recherche des meilleures opportunités de vie. Dans le pire des cas, certains s’adonnent à la délinquance, la consommation exagérée d’alcool, la prostitution; d’autres encore se font enrôler dans des groupes terroristes.

Tous ces maux sont souvent causés par le manque d’accompagnement de la part de  l’Etat et des acteurs sociaux. Il est donc urgent que le pouvoir politique considère l’encadrement des jeunes comme une priorité et leur offre des opportunités afin qu’ils contribuent au développement du pays.

 
Célestin Ngoré Gali

 

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