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Ebola : crainte de propagation

Ebola : crainte de propagation

  • 18 mai 2026
 
L’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en Ituri a commencé à être détectée fin avril 2026, mais les autorités sanitaires ont été officiellement alertées le 5 mai après plusieurs décès suspects dans les régions de Mongbwalu et de Rwampara.

À ce jour, les autorités sanitaires font état de plus de 300 cas suspects et d’environ 90 décès dans la province d’Ituri.

• La souche détectée est nouvelle : il s’agit du variant Bundibugyo d’Ebola, contre lequel il n’existe aucun vaccin ;

• On observe d’importants mouvements de population entre la RDC et l’Ouganda ;

• L’insécurité dans l’est du Congo entrave le traçage des contacts et la réponse sanitaire.

La population garde de mauvais souvenirs de cette épidémie, car ce n’est pas la première fois qu’Ebola est signalé. La République démocratique du Congo a déjà connu plusieurs épidémies d’Ebola par le passé. Entre 2018 et 2020, au Nord-Kivu et en Ituri, une épidémie a provoqué des milliers de cas et a été l'une des plus longues de l'histoire du pays. On peut également citer l'épidémie de 2020 dans l'Équateur, qui a été maîtrisée grâce à la vaccination et à une intervention rapide.

Plus récemment, la RDC a continué de faire face à des épidémies localisées et récurrentes, comme celle de 2022 dans la province de l'Équateur et celle de 2025 au Kasaï, démontrant que le virus Ebola n'a pas disparu du pays. Ces épisodes rappellent que le virus demeure un défi sanitaire persistant, en particulier dans les zones rurales où l'accès aux soins est limité, la mobilité de la population est faible et les systèmes de santé fragiles.

Par conséquent, la peur est bien présente, non seulement au sein de la population, mais aussi parmi les autorités, qui appellent à la vigilance. 

« Les autorités sanitaires et les équipes médicales surveillent de près l'épidémie d'Ebola en Ituri. L'objectif principal est de contenir rapidement les cas et d'empêcher toute propagation ultérieure, car l'épicentre se situe dans une province densément peuplée et, compte tenu des déplacements de population, le virus pourrait se propager rapidement. C'est ce que craignent les autorités. Hier, le ministre de la Santé de la RDC, Samuel Roger Kamba, a déclaré que le gouvernement renforçait sa riposte, car l'épidémie représente une menace sérieuse, notamment en raison de sa propagation en Ouganda et de l'absence de vaccins spécifiques contre la souche Bundibugyo.

Il a également annoncé l'ouverture de trois centres de traitement Ebola en Ituri, le renforcement du traçage des contacts et de la surveillance épidémiologique et le déploiement d'équipes de santé sur le terrain pour contenir la propagation.

Selon le ministère, l'insécurité dans l'est du Congo, les déplacements de population et la mobilité liés aux zones minières constituent un autre problème majeur, autant de facteurs qui rendent le contrôle de l'épidémie difficile. 

Un cas a été détecté dans la ville de Goma. Une femme en provenance de Bunia aurait été contaminée par son mari, décédé à Bunia il y a quelques jours.

Il est vrai que l'expertise médicale, les capacités de surveillance et les mécanismes d'intervention permettent une action plus rapide qu'auparavant. Cependant, des ressources et des infrastructures de santé importantes sont indispensables pour prendre en charge les personnes arrivant sur place ou présentant des symptômes d'Ebola.

Le conflit armé a un impact considérable sur la lutte contre Ebola en Ituri. L'insécurité entrave l'accès des équipes médicales à certaines zones, retarde la prise en charge des patients et complique le traçage des contacts des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés. De plus, les déplacements de population causés par la violence augmentent le risque de propagation du virus.

On craint que le virus ne se propage en Ouganda, où la semaine dernière, un cas a été détecté chez un homme de 59 ans décédé à Kampala. Les cas sont recherchés afin d'empêcher toute nouvelle propagation. La crainte d'une propagation de l'épidémie au Soudan du Sud est compréhensible, compte tenu de sa frontière avec le Congo au nord-est. Le Rwanda est également source d'inquiétude, un cas y ayant été détecté avant-hier. Les autorités sanitaires des pays voisins sont en état d'alerte.

Au-delà des chiffres et des stratégies, nous parlons de la vie des personnes concrètes, des familles touchées. La priorité est de protéger des vies, de renforcer le système de santé et de maintenir la solidarité internationale avec le peuple d'Ituri. 

Fr. Lwanga Kakule
 

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