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Le Renouveau doit conduire les chrétiens à une foi mûre

Le Renouveau doit conduire les chrétiens à une foi mûre

  • 22 août 2026
 

Au terme de la Campagne d’évangélisation 2026 du Renouveau charismatique catholique de l’archidiocèse de Kinshasa, tenue du 17 au 23 août au terrain annexe du Stade des Martyrs autour du thème « La puissance des sept paroles de Jésus sur la Croix », Julien Yav, Berger diocésain, partage ses impressions sur cette édition. Présente à cette campagne, l’équipe d’Afriquespoir l’a rencontré pour recueillir son regard sur la forte participation des fidèles, l’approfondissement de la Parole de Dieu, les conversions, les réconciliations et l’accompagnement.

Texte: Fr. Lwanga Kakule, mccj.
Photos: Fr. Rodi Kumbi, mccj.

Quel bilan faites-vous de la Campagne d’évangélisation 2026 ?


Je toucherais principalement trois secteurs : la participation des fidèles, les enseignements et la logistique.

Pour ce qui est de la participation, nous rendons grâce à Dieu pour les fidèles de l’archidiocèse de Kinshasa. Même certains non-catholiques sont venus et, au-delà de ceux qui sont ici, plus de 2 000 personnes nous suivent en ligne. Ils nous envoient leurs commentaires, des encouragements et leurs témoignages concernant ce qui se passe ici. C’est encourageant, puisque, quand on parle de campagne d’évangélisation, la première des choses, c’est la foule. Il n’y a pas de campagne sans foule. Ces frères et sœurs qui viennent sont quand même nombreux, et on le sent non seulement dans la quantité, mais aussi quand on prie : on sent qu’ils participent à la prière et, quand on lance une intention, on sent que ce sont des personnes qui ont vraiment envie non seulement de faire grandir leur foi, mais aussi de créer une nouvelle relation avec notre Dieu.
Dans le passé, on voyait que, vers la fin, beaucoup de personnes partaient, mais maintenant, même si on a débordé avec le temps, ils sont toujours là. C’est un signe de la maturité spirituelle qu’au fur et à mesure, ils sont en train d’acquérir.

Au niveau des enseignements, il faut dire qu’au Renouveau, l’enseignement est entre les mains des personnes. Par le passé, nous distribuions 1 000 feuillets, mais aujourd’hui, ils sont épuisés en quelques instants. Nous avons dû augmenter le nombre de feuillets, et la demande est de plus en plus grande. Cela montre que les gens ont envie de garder l’enseignement et aussi, si cet enseignement les touche, ils aimeraient eux aussi méditer cet enseignement.

Quand nous regardons la substance de ces enseignements, cela touche l’homme intérieur, car il y a toujours des choses qui reviennent : l’appel à la conversion, la guérison intérieure et la délivrance. C’est le véritable besoin. Quand ces éléments sont réunis, cela booste la foi des fidèles et les rend matures. Nous sommes en train de sentir qu’il y a une haute catéchèse et que nous sommes en train de donner aux fidèles des arguments spirituels solides.

La troisième chose, c’est la logistique. Quand la logistique ne réussit pas, la campagne ne réussit pas non plus. Cela demande beaucoup de moyens. La sonorisation fait que les personnes intériorisent l’enseignement. Nous travaillons avec une maison qui a du matériel qui nous aide à ne pas avoir de soucis. Nous avons des chaises, des tentes, etc. Tout cela coûte cher. On ne peut pas faire l’évangélisation sans logistique. Notre prière, c’est qu’avec le temps, nous ayons notre propre logistique. Nous avons déjà acheté plus de 3 000 chaises, mais, pour cette campagne, nous avons besoin d’au moins 10 000 chaises. Donc, nous devons chercher 7 000 chaises ailleurs, ce qui ne nous coûte pas moins de 9 000 dollars. Voilà pourquoi nous avons besoin de partenaires qui nous aident à créer notre indépendance en matière de logistique.



 

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué au cours de cette campagne?


Beaucoup plus l’approfondissement de la Parole. Il y a des moments où nous avons les mêmes réflexes que les pentecôtistes, avec des prédications « bonbons », des cris comme « alléluia », « amen », quelquefois des prédications-slogans. Ce n’est pas le cas ici. Ici, c’est la grande catéchèse.
La plupart des prédicateurs tirent leurs enseignements de la Bible et du Magistère de l’Église, et certains chrétiens commencent à se poser des questions. Cela commence à amener des frères et sœurs à approfondir des thèmes importants pour leur croissance spirituelle et le sens d’appartenance à l’Église catholique.
Et il y a des gens qui nous appellent pour se renseigner concernant certains livres pour leur formation. En général, nous n’avons pas la culture de la lecture, mais ici, nous sommes en train d’inculquer cette culture.

 

Quels fruits spirituels et quels signes de conversion avez-vous pu constater chez les participants?


Tout ne passe pas par l’espace prévu pour les témoignages. Beaucoup de personnes témoignent que les enseignements les ont touchées et ont accepté de commencer un processus d’accompagnement personnalisé, qui puisse les aider à grandir davantage dans la foi.
Il y a des personnes avec des problèmes d’addiction à la drogue qui, aujourd’hui, demandent un accompagnement. Je n’aime pas beaucoup parler de guérison, puisque la guérison vient, mais on tombera toujours malade. La guérison ne nous amène pas au ciel. C’est la repentance qui nous amène au ciel.
Il y a beaucoup de cas de conversion, de réconciliation dans les familles et, après la campagne, nous écouterons beaucoup d’autres témoignages.

 

Qu’est-ce qui explique, selon vous, l’engouement des fidèles pour les activités du Renouveau?


Une chose, c’est que le Renouveau est une spiritualité dont le centre est le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit est le Dieu qui nous accompagne dans le temps. Quand les Apôtres ont commencé à prêcher, les Éphésiens n’avaient jamais entendu parler du Saint-Esprit. Quand ils ont commencé à parler de Lui, tout le monde l’a cherché. La même chose avec Pierre et Jean dans Actes 8, à Samarie.

Notre force, c’est que nous sommes fidèles à notre spiritualité et nous déclarons que le Saint-Esprit est notre « patron ». Et quand on évoque le Saint-Esprit, on parle de charismes. Regardez même dans nos paroisses : quand vous avez un prêtre charismatique, on a l’impression qu’il attire à lui tout le monde. Quand le Saint-Esprit agit en quelqu’un, il te fait bouger et fait sentir aux autres qu’Il est là.
À travers le Saint-Esprit, nous avons trois choses : la prière en profondeur, dans laquelle nous mettons en exercice les charismes ; nous prophétisons, nous créons une communion et nous nous rendons outils entre les mains du Seigneur.

Pour le Renouveau, le sens de l’intercession est très prononcé. Aujourd’hui, tout le monde a besoin de prier, même quand il s’agit de différentes formes de prière. Les gens ont beaucoup de problèmes, ils savent que c’est par la prière qu’ils pourront s’en sortir. Les problèmes que nous avons dans nos familles… Nous savons qu’après la campagne, nous aurons beaucoup de personnes à accompagner. C’est cette dimension de la prière qui fait que les gens viennent au Renouveau.

Au Renouveau, nous avons une idée : il n’y a pas de prière sans exaucement. Si je prie pour quelqu’un qui est malade, c’est pour qu’il guérisse. Après la prière, c’est la Parole. Nos enseignements et notre prière sont inspirés de la Parole de Dieu. Quand j’enseigne, je dis : « La Bible dit. » Ce n’est pas le biblicisme que nous condamnons. C’est une façon de dire qu’au centre de notre vie, c’est la Parole. Nous poussons les gens à entrer dans la Bible et à se centrer sur la Parole de Dieu. Enfin, nous insistons sur le témoignage de vie. Un membre du Renouveau est appelé à être témoin, un véritable témoin du Christ. Ainsi, nous pensons cueillir les grâces afin que nous puissions les répandre en nous-mêmes et dans l’Église.

 

Comment faire pour que les personnes touchées par la campagne ne s’arrêtent pas à l’émotion des grands rassemblements, mais poursuivent un véritable chemin de foi?


Les gens viennent de partout : il y a des catholiques et des non-catholiques. Les catholiques sont dans les paroisses et, là, ils sont accompagnés grâce aux structures du Renouveau déjà existantes. Pour les autres, nous prenons les contacts afin de les accompagner plus en profondeur, avec l’aide des prêtres, des exorcistes et des intercesseurs, pour que ce qui a germé ici puisse mûrir et porter du fruit.


 

Quelle doit être, selon vous, la contribution du Renouveau à la mission d’évangélisation de l’Église à Kinshasa?


Le Renouveau joue un grand rôle dans l’archidiocèse de Kinshasa, et partout ailleurs dans le monde. L’Église a besoin de nous. Souvent, pour que la pastorale aille de l’avant, les pasteurs ont besoin de l’accompagnement du Renouveau.
Les failles ne manquent jamais, mais un membre qui a bien suivi l’enseignement manifeste une maturité ecclésiale attestée et contribue beaucoup à la mission de l’Église.

 

Quels sont aujourd’hui les principaux défis que le Renouveau doit relever pour porter davantage de fruits dans l’Église?

 

Le plus grand défi que nous avons, c’est d’ouvrir notre école de formation à la foi et au leadership, pour répondre aux défis liés à la qualité des responsables et des enseignements.
Un autre défi, c’est de soigner le service que nous rendons au Seigneur, pour que les gens sentent que, quand ils prient, au Renouveau, ils trouvent des personnes mûres et capables.
Aussi, nous avons un manque de prêtres accompagnateurs. Nous avons des aumôniers décanaux, mais plus encore, nous avons besoin de prêtres bien trempés dans le Renouveau. Il faut qu’il y ait des prêtres qui sachent comment nous vivons notre foi et comment nous faisons, pour ne pas travailler sur les plates-bandes d’un autre charisme qui n’est pas du Renouveau.
 

 

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